Rencontre avec Cécile Lafond, donneuse de moelle osseuse : un bel exemple

Cécile Lafond, Désidérienne, a eu l’opportunité de faire un geste généreux voici quelques semaines: elle a fait un don de  moelle osseuse, ou plus précisément un don de cellules souches contenues dans la moelle osseuse. Un petit geste pour elle mais un grand geste pour une personne qu’elle ne connaitra jamais. Elle nous raconte…

« Je suis inscrite depuis plus de 5 ans sur les registres des donneurs de moelle osseuse (registre français mais qui est relié aux registres internationaux) et le lundi 26 mars j’ai eu la chance que je n’attendais plus, pouvoir faire don de mes cellules souches.
En dehors de la fratrie, il n’existe qu’une chance sur un million d’être compatible avec quelqu’un d’autre… J’avais appris il y a quelques mois que c’était potentiellement le cas pour moi, avec un malade en attente de greffe. Après des vérifications et des bilans médicaux et sanguins très très complets, et la déception d’une première date de don ajournée sans explication (le malade n’était sûrement pas dans les conditions optimales), j’ai enfin pu avoir le grand bonheur de pouvoir effectuer ce geste.

Les 4 jours précédents, j’ai reçu un médicament qui a stimulé la production de moelle et de cellules souches et qui a fait migrer les cellules dans le sang. Le jour J, j’ai subi un prélèvement par aphérèse : une énorme machine prélève votre sang, en extrait les cellules souches et on vous réinjecte votre sang dans l’autre bras. Rien de très compliqué! La seule contrainte étant de rester immobile pendant 4 à 5 heures. Vraiment rien à côté du bénéfice que peut en recueillir un malade….
Je suis revenue le lendemain pour compléter le don.
Il existe une autre méthode de prélèvement par ponction dans les os postérieurs du bassin. Cet acte simple nécessite une petite anesthésie générale et ne comporte aucun risque autre que celui lié à l’anesthésie. C’est le médecin greffeur qui décide du mode de prélèvement en fonction des besoins du malade, mais dans plus de 80% des cas, il se fait comme pour moi, par aphérèse.

Depuis le début du traitement de stimulation je ne faisais plus que penser à mon receveur. Le week-end j’ai pris le soleil allongée dans l’herbe en me disant que mes petites cellules seraient en pleine forme et pleines de cette belle nature pour le don.

Après le prélèvement c’était encore pire, mes pensées tournaient en boucle. Que fait ma receveuse, qui est-elle, quel âge a-t-elle, a-t-elle des enfants… mais je suis vite retournée travailler, sûre que je trouverai à Saint Fortunat de quoi me changer très rapidement les idées! Je ne sais rien d’elle, mais je me sens très attachée à elle.
Je dis « elle », car le fait qu’il s’agisse d’une femme est à peu près la seule chose que je sache, en dehors de son poids, le don étant complètement anonyme.
Pour elle c’est juste le début d’une autre histoire et la route sera encore longue et difficile, et surtout parsemée de multiples étapes, de multiples échéances. Pour moi, un tout petit geste mais surtout une très grande source de joie.

Physiquement, je me suis remise très vite ; psychologiquement, j’ai vécu et je vis des émotions extrêmement fortes. Comme chaque donneur, il m’a été offert un sablier ; il est en bonne place à la maison et chaque fois que je passe devant, je le retourne et pense à cette femme qui a une partie de moi en elle. Dans quelques mois, je pourrai lui écrire anonymement, par l’intermédiaire de l’Agence de Biomédecine. Et elle aussi, si elle le souhaite, pourra le faire.

Je m’étais inscrite sur le registre suite à la maladie d’un élève de l’école, Jean, qui avait nécessité une greffe de moelle. Il est aujourd’hui en terminale au lycée Jean Perrin et va très bien! Ce don n’est pas très connu et le nombre de donneur est trop faible en France.
Je souhaite maintenant m’investir pour essayer d’informer, de faire reculer les craintes (confusion moelle épinière / moelle osseuse), pour inciter le plus grand nombre à s’inscrire sur le registre afin d’augmenter les chances pour chaque malade de trouver un donneur compatible.
Saisissez votre chance de vivre une expérience extraordinaire grâce à un tout petit geste pour vous et offrez la chance à un malade de trouver un donneur compatible. Inscrivez-vous ! »

Les conditions pour être donneur

  1. 1. Avoir plus de 18 ans et moins de 51 ans lors de l’inscription (même si l’on peut rester inscrit et donner sa moelle jusqu’à 60 ans).
  2. 2. Être en parfaite santé
  3. 3. Accepter de répondre à un questionnaire de santé et faire une prise de sang

 

Les 5 étapes jusqu’à l’inscription

  1. 1. Prendre le temps de s’informer et de réfléchir à l’engagement (révocable jusqu’au dernier moment)
  2. 2. Faire sa demande de pré-inscription par mail, courrier ou téléphone à l’Etablissement français du sang (Perrache)
  3. 3. Aller au rendez-vous médical fixé par votre centre d’accueil et accepter une prise de sang.
  4. 4. Vous êtes inscrit sur le registre national des donneurs de moelle osseuse.
  5. 5. Vous restez joignable en indiquant vos éventuels changements de coordonnées.

 

Les 3 grands principes du don

Trois principes fondamentaux régissent le don de moelle osseuse en France : l’anonymat, le libre consentement, et la gratuité.
Les personnes inscrites sur le registre France Greffe de Moelle, donneurs volontaires de moelle osseuse, s’engagent dans un acte accepté, anonyme et désintéressé. La greffe de moelle osseuse représente un espoir de guérison pour les nombreuses personnes atteintes de cancer ou de maladie du sang (leucémie…)

Toutes les infos sur www.dondemoelleosseuse.fr